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Quand l'alimentation détraque - Claude Aubert

Quand l'alimentation détraque - Claude Aubert

L'agressivité a de multiples causes, parmi lesquelles l'alimentation que l'on oublie trop souvent. 
D'après une étude récente de l'Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale), 1 enfant sur 8 souffre de problèmes psychiques. De fait, l'autisme, l'hyperactivité, les comportements violents, sont de plus en plus fréquents. Les causes de l'autisme restent mal connues. Pour les comportements asociaux, il s'agit principalement d'enfants livrés à eux-mêmes, jeux vidéo, télévision, etc. Le rôle de l'alimentation est presque toujours ignoré. Et pourtant, de nombreuses études montrent qu'elle peut avoir un impact important sur le comportement.


Le British Journal of Psychiatry publiait, en juillet 2002, les résultats d'une expérience réalisée par Bernard Gesch, de l'université d'Oxford, dans une prison britannique, sur 231 prisonniers. L'objectif était de voir si l'alimentation avait une influence sur les comportements agressifs. La moitié d'entre eux reçut un complément comprenant des minéraux, des vitamines et des acides gras essentiels, tandis que les autres prenaient un placebo (une substance neutre). L'étude était effectuée en double aveugle, c'est-à-dire que ni les prisonniers ni les expérimentateurs ne savaient qui recevait le supplément ou le placebo. Le résultat a été une réduction de 35 % du nombre d'actes délictueux chez les prisonniers ayant absorbé le supplément. Après arrêt de la supplémentation, la fréquence des actes violents augmenta de 40 %.
Des résultats analogues avaient déjà été obtenus par un chercheur américain, le Pr Schoenthaler. Celui-ci avait constaté que, chez des enfants délinquants recevant un supplément de minéraux et de vitamines, la fréquence des comportements asociaux était inférieure de 47 % à celle constatée chez ceux qui ingéraient un placebo.
D'autres observations du même type permettent de conclure que l'alimentation a bien un impact sur notre comportement et notamment sur les tendances agressives ou asociales. Ce qui, bien entendu, ne veut pas dire qu'avec une bonne alimentation la délinquance et l'hyperactivité disparaîtraient comme par enchantement ! Mais comment savoir quels sont les constituants de notre alimentation qui favorisent une conduite asociale ou au contraire pacifique ?


Colorants et additifs en cause

Au début des années 70, le Dr. Feingold, pédiatre et allergologue, a remarqué qu'en éliminant de l'alimentation d'enfants hyperactifs les colorants, les additifs, les allergènes et les salicylates, le comportement de 50 % d'entre eux était considérablement amélioré. Ces observations ont conduit à la mise au point de la méthode Feingold, qui consiste, pour déterminer quels sont les aliments pouvant provoquer l'hyperactivité, à procéder par élimination. Tous les aliments susceptibles de favoriser l'hyperactivité, c'est-à-dire ceux pouvant contenir les constituants alimentaires incriminés, sont supprimés, puis réintroduits progressivement jusqu'à réapparition des symptômes, ce qui permet d'identifier le « coupable ». Bien que les travaux de Feingold soient contestés, plusieurs études récentes confirment la responsabilité de certains additifs et colorants dans l'hyperactivité. L'une d'elles, publiée en 2004, a porté sur 1.873 enfants. Elle avait pour objectif de mesurer l'impact de divers colorants et d'un conservateur, le benzoate de sodium, sur l'hyperactivité. Les comportements hyperactifs ont été nettement réduits pendant les périodes sans colorant ni benzoate.


Sans aller jusqu'à appliquer à la lettre la méthode Feingold, on peut éliminer dans une première phase les aliments « à risque », c'est-à-dire tous ceux qui contiennent des additifs chimiques et ceux qui sont connus comme de fréquentes sources d'allergies (arachides, noix, céréales contenant du gluten, lait, soja, œufs). On constate une amélioration, avant de réintroduire séparément les aliments éliminés et d'observer les réactions de la personne concernée


Les bons acides gras

Alexandra Richardson, chercheur à l'Université d'Oxford, a donné pendant trois mois un supplément à base d'acides gras polyinsaturés (oméga 3 et oméga 6) à la moitié d'un groupe de 117 enfants de 5 à 12 ans, atteints de troubles de la coordination. Ces troubles se traduisent notamment par de la dyslexie et, plus généralement, des difficultés dans l'apprentissage de la lecture et dans l'élocution. Au bout de trois mois, des progrès significatifs ont été observés chez les enfants recevant le complément. Cette expérience, publiée en juillet 2005 dans la revue Pediatrics, confirme le rôle essentiel, déjà connu des scientifiques, des acides gras polyinsaturés dans le bon fonctionnement du cerveau. Ces acides gras se sont également révélés bénéfiques en cas d'hyperactivité, de dépression et même de schizophrénie. Parmi eux, ce sont les oméga 3 – dont on ne finit pas, décidément, de découvrir les vertus – qui se sont avérés les plus efficaces. Or on sait que l'alimentation d'aujourd'hui n'en apporte pas suffisamment.


Autisme : gluten et caséine dans le collimateur

Au début des années 80, le Pr. Reichelt, un pédiatre norvégien, constata qu'en supprimant le gluten (contenu dans le blé) et la caséine (principale protéine des produits laitiers) de l'alimentation d'enfants autistes, l'état d'un certain nombre d'entre eux était nettement amélioré. Depuis, de nombreuses études ont été consacrées aux liens entre autisme, gluten et caséine. Il en ressort que la responsabilité de ces protéines, dans plusieurs cas d'autisme, serait due à leur dégradation incomplète en peptides, qui passeraient dans le sang et seraient toxiques pour le système nerveux. La réalité de ce phénomène est encore contestée par la plupart des médecins et chercheurs conventionnels, mais l'amélioration après suppression du gluten et/ou de la caséine est suffisamment significative pour qu'on doive la prendre en considération.


Les pesticides

Un produit de l'agriculture conventionnelle sur deux contient un ou plusieurs résidus de pesticides. Leur impact sur notre santé fait l'objet de controverses depuis plusieurs décennies, mais il apparaît de plus en plus indiscutable qu'ils contribuent à la spectaculaire augmentation des cancers observée depuis vingt ans. Il est également reconnu que bon nombre d'entre eux sont des perturbateurs hormonaux qui modifient l'équilibre hormonal du fœtus, avec de graves conséquences sur les fonctions de reproduction. Depuis douze ans, une équipe de chercheurs canadiens étudie le développement intellectuel d'un groupe d'enfants en fonction du degré de pollution par les insecticides organochlorés (DDT et autres) et par le PCB, de leur mère au moment de la naissance. Cette pollution était mesurée par l'analyse du sang de la mère au niveau du cordon ombilical et du lait maternel. Les enfants des mères les plus polluées sont plus impulsifs, ont plus de difficultés à se concentrer et ont une moins bonne mémoire que les autres. Cet effet est beaucoup moins marqué chez les enfants qui ont été allaités au sein, ce qui prouve non seulement que la pollution lors de la vie fœtale est plus dommageable que celle due au lait maternel, mais aussi que, même pollué, le lait maternel conserve un effet favorable sur le développement psychomoteur et, dans une certaine mesure, réparateur des dégâts causée par la pollution fœtale.

On a pu constater aussi des perturbations du développement neurologique et du comportement d'enfants dont les parents avaient été exposés professionnellement à des pesticides. D'autres polluants de l'environnement, tels que les phtalates ou le bisphénol A, ayant des effets similaires, la responsabilité de la pollution chimique, et en particulier des pesticides, dans les problèmes mentaux dont souffre 1 enfant sur 8 aujourd'hui, est fort probable.


Quelle alimentation pour une bonne santé psychique ?


Le développement harmonieux et le bon fonctionnement de notre système nerveux et de notre cerveau dépendent de multiples facteurs et, en matière d'alimentation, de nombreux nutriments. Parmi ceux qui jouent un rôle particulièrement important, on peut citer le sélénium, le lithium, le fer, le magnésium, l'iode, les vitamines du groupe B, la vitamine C, la vitamine E, les acides gras oméga 3. Les nutriments dont l'impact semble le plus important sont le sélénium et, plus encore, les oméga 3. La solution est-elle donc de prendre systématiquement des compléments alimentaires, comme le font les américains ? A en croire les expériences citées au début de cet article, on serait tenté de répondre oui. En fait, cela dépend du mode de vie et de l'état de santé de chacun.


Claude AUBERT